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Conférence n°2

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Le 2 mars 2011 à partir de 18h00 au Parlement Européen

L’EUROPE sera-t-elle sociale ou non solidaire?

Avec

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M. Gianni Pittella, Premier Vice-président du PE

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Mme Susan George, Président d’honneur d’ATTAC France

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M. Eduardo Chagas, Secrétaire général de la Fédération européenne des travailleurs du transport

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M. Georges Dassis, Président Groupe des travailleurs du CESE

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M. Philippe Lamberts, Député européen, membre de l'ALE (Alliance Libre européenne) et porte-parole du Parti européen Vert

 

Compte-rendu

Bref résumé des interventions des orateurs de la Conférence du 02-03-2011

À l’initiative des organisations syndicales majoritaires de la fonction publique européenne, une conférence-débat s’est tenue le mercredi 2 mars au Parlement européen à Bruxelles, sur le thème « Europe solidaire, Citoyens gagnants ». Dans l’esprit de ses organisateurs, il s’agit de la première étape d’une campagne qui devrait conduire à la tenue d’assises de la construction européenne et au lancement d’une pétition citoyenne exigeant que la solidarité ne soit pas bradée par les Etats membres sur l’autel de l’intergouvernementalisme.

Franco Ianniello (R&D) a ouvert les travaux en constatant que l’Union européenne était « en train de tout sacrifier, y compris la solidarité, au nom de la compétitivité », ce en privilégiant une approche de plus en plus intergouvernementale et en délaissant ouvertement la méthode communautaire. Du coup, le soutien des citoyens européens à la cause de l’intégration européenne n’est plus acquis, que du contraire.

Pour Franco Ianniello, il importe, dès lors, de regagner prioritairement la confiance des citoyens européens. À cette fin, il a annoncé que les organisations syndicales de la fonction publique européenne voulaient organiser, en mai prochain, des « Assises de la construction européenne » autour du thème de la solidarité et, partant, de la défense de la méthode communautaire, laquelle fait prévaloir le bien commun sur les intérêts particuliers des Etats membres. Dans le même esprit, il a proposé aux institutions européennes d’inviter leurs fonctionnaires retraités, lesquels ont « vécu l’Europe comme un idéal à construire », à se transformer en « ambassadeurs de la construction européenne » dans leur pays d’origine.

Vice-président du Parlement européen, Gianni Pittella a appuyé cette suggestion de faire des « anciens » les messagers de la construction européenne, mais il a surtout plaidé pour que soit lancée une « contre-offensive forte » par rapport au "tout à l’assainissement et à la consolidation des finances publiques". De la sorte, a estimé M. Pittella, l’Union ne ferait rien d’autre qu’ignorer les origines de la crise et précipiter la dépression, voire la récession. « J’aurais souhaité voir l’Allemagne plus européenne », a-t-il ajouté en plaidant pour que l’Union se dote d’euro-obligations, une pression maximale devant être exercée sur les chefs d’Etat et de gouvernement avant le Conseil européen décisif de mars.

Présidente d’honneur de la section française d’Attac, Susan George s’est présentée, pour sa part, comme une « Européenne fervente », elle qui connaît « bien le modèle social américain et ne voudrait pas que l’Europe glisse vers celui-ci, absolument néfaste pour les citoyens ». À ce titre, elle a donné un « coup de chapeau » aux syndicats pour avoir pris l’initiative de se rassembler en vue de redonner du souffle et de la crédibilité au projet européen. Faute de quoi l’Europe perdra une fois pour toutes le soutien de ses citoyens, ce dont témoignent déjà les élections européennes, les référendums en France, aux Pays-Bas et en Irlande ayant montré, en outre, que des libertés sont prises par les responsables politiques avec la démocratie bien comprise.

Pour Susan George, les dirigeants européens prennent exactement le chemin emprunté par leurs homologues américains dans la foulée de la crise de 1929, mettant en marche « une course vers les inégalités » dont les « quatre-vingt millions de pauvres » déjà recensés dans l’une des régions les plus riches du monde, l’Europe, attestent à suffisance. Dans ce contexte, quand il s’agit de sauver la Grèce, il s’agit surtout, pour les dirigeants politiques, « de sauver les banques allemandes, françaises, britanniques, qui ont pris trop de risques », le citoyen grec n’étant pas, pour sa part, pris en compte. Pour l’heure, le même état d’esprit prévaut pour ce qui est d’accords internationaux permettant « aux multinationales d’attaquer une mesure étatique » affectant le marché, du trop peu d’intérêt accordé aux PME et PMI, sans compter les quatre dispositions de la Cour de justice qui sont venues affecter les droits des travailleurs.

Dans ce contexte, le vent de révolte devrait viser à ce que des bons du trésor européens voient le jour, à ce que de grands emprunts puissent permettre des investissements dans la recherche, l’éducation et la santé. De même, a ajouté la présidente d’honneur d’Attac-France, « il faut socialiser, du moins en partie, les banques qui ont été aidées ». Il faudrait également que « la Banque centrale européenne prête aux gouvernements à du 1% d’intérêts, et pas aux banques qui, sinon, prêteraient à ceux-ci à des 5, 6 ou 7%, voire plus ». Et Mme George de conclure que la Banque de Francfort devrait aussi voir son mandat élargi à la recherche du « plein emploi », le budget communautaire devant enfin être substantiellement plus important.

Secrétaire général de la Fédération européenne des travailleurs du transport, Eduardo Chagas a dénoncé, pour sa part, une « attaque brutale contre l’Europe qui travaille » et une « convergence qui se fait désormais vers le bas », sous l’impulsion d’une « privatisation et libéralisation totale » dans son secteur – avec, au mieux, « une petite résistance dans les ports ». D’où cette exhortation : « Il faut réveiller l’Europe ! » Pas faux, lui a rétorqué Georges Dassis. Le président du Groupe des travailleurs du Comité économique et social a rappelé que le Traité de Rome visait « l’harmonisation dans le progrès », mais a constaté que ce principe était désormais « oublié ».

Soulignant que le monde syndical européen était tout à fait favorable à la création d’euro-obligations, M. Dassis a aussi donné raison à Mme George en jugeant intolérable que les investisseurs prêtent aux Etats « à des taux d’usuriers », ce qui fait que « tout le poids de la crise va être supporté par la classe moyenne et, surtout, par les salariés ». Et de lancer cette question dérangeante : « Combien d’heures doivent travailler, et jusqu’à quel âge, les Grecs, les Portugais, demain les Espagnols, les Italiens… pour payer les spéculateurs ? »

Le député européen Philippe Lamberts, membre du Groupe des Verts et porte-parole du Parti européen Vert, a jugé qu’il importait de renouer avec « la valeur de la solidarité », mais en sachant que l’Europe est désormais un instrument de la mondialisation et que la Commission est « le deuxième repaire le plus cohérent de la pensée unique après la Banque centrale européenne ». À ses yeux, si le bras de fer entre tenants du libéralisme et promoteurs d’une Europe solidaire tourne à la déconfiture de ces derniers, c’est parce que ceux-ci « se battent contre une religion, celle du profit immédiat ». Donc, il faut commencer, selon lui, par « démonter les articles de foi de cette religion ». Le problème, c’est qu’il y a des convertis partout : bien des « gouvernements socialistes ont embrassé la religion ambiante », la solidarité étant en perte de vitesse même chez eux. En conclusion, M. Lamberts a insisté lourdement sur le fait que la solidarité devait aller de pair avec la responsabilité, faute de quoi « cela ne marche pas ». Il a aussi souligné la complexité des faits en rappelant que « beaucoup des actionnaires des banques sont des fonds de pension », à savoir, in fine, le citoyen européen.

Enfin, Michel Stavaux, de la revue Graspe, a souligné toute l’importance de l’initiative citoyenne “La solidarité, au cœur de la relance du projet européen” dans un contexte marqué par la crise économique actuelle.

 

Voir le communiqué de presse

 

 


Page modifiée le 23 novembre 2015

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